Comment savoir si un domaine nous intéresse vraiment sans l’avoir expérimenté ? À l’Année lumière, les parcours d’ouverture donnent aux Lumineux l’occasion de sortir de leurs univers habituels pour découvrir, essayer, rencontrer et questionner.
Art, sciences et techniques, citoyenneté, bien-être… En petits groupes, les jeunes explorent des domaines très différents avec des intervenants et des structures extérieures. Pas besoin de connaissances particulières pour participer : l’objectif est justement d’oser essayer.
S’orienter, c’est aussi essayer
Construire son orientation ne consiste pas seulement à chercher une formation ou à choisir un métier. Pour savoir ce qui nous correspond, encore faut-il avoir eu l’occasion de découvrir différentes possibilités. C’est tout l’intérêt de l’expérimentation. Une rencontre peut éveiller une curiosité. Une activité peut révéler un intérêt que l’on ne soupçonnait pas. Une expérience peut aussi permettre de réaliser qu’un domaine que l’on imaginait fait pour soi ne nous attire finalement pas tant que ça.
Et c’est une information tout aussi précieuse.
Les parcours d’ouverture s’inscrivent dans cette logique : multiplier les occasions d’explorer pour aider chaque jeune à mieux se connaître, faire évoluer ses représentations et, progressivement, faire des choix plus éclairés pour son projet d’avenir.
Les parcours d’ouverture, comment ça marche ?
À l’Année lumière, un parcours d’ouverture est un temps d’exploration qui permet aux jeunes de découvrir un domaine par l’expérience.
Les séances sont organisées en petits groupes de quinze jeunes maximum et animées avec des professionnels, des intervenants ou des structures extérieures.
À chaque fois, le principe reste le même : ne pas se contenter d’en parler, mais tester, rencontrer, questionner et faire.
Les univers proposés sont volontairement variés. Les jeunes peuvent ainsi passer de la création aux sciences et techniques, s’interroger sur des questions de société ou encore explorer différentes dimensions de leur équilibre personnel.
L’objectif n’est pas de devenir expert. Il est de découvrir.
Créer : passer d’une idée à une réalisation
Imaginer, expérimenter, fabriquer, ajuster… Dans le parcours consacré à la création, les jeunes découvrent ce qui se passe entre une idée et sa réalisation concrète.
À travers la pratique, notamment autour du design textile, ils expérimentent différentes étapes d’un processus créatif. Il faut imaginer, faire des choix, tester, parfois recommencer et progressivement donner forme à son projet.
C’est aussi l’occasion de découvrir de l’intérieur un univers professionnel créatif, avec ses méthodes, ses contraintes et ses réalités.
Au fil des séances, les jeunes mobilisent leur créativité, mais aussi leur autonomie, leur capacité à expérimenter et à mener un projet jusqu’à sa réalisation.
Sciences et techniques : chercher avant de trouver
Observer. Manipuler. Faire une hypothèse. Tester. Constater que cela ne fonctionne pas comme prévu. Chercher une autre explication. Les sciences et les techniques sont ici abordées par l’expérimentation plutôt que par un cours théorique.
Les rencontres avec des structures et des professionnels du monde scientifique permettent également de découvrir des domaines, des métiers et des parcours parfois éloignés du quotidien des jeunes.
L’enjeu n’est pas seulement d’acquérir de nouvelles connaissances. Il s’agit aussi d’apprendre à être curieux, à questionner une affirmation, à chercher des explications et à accepter le doute comme une étape du raisonnement.
Une autre manière de développer son esprit critique, sa capacité à résoudre des problèmes et sa compréhension des métiers scientifiques et techniques.
Citoyenneté : comprendre, débattre, nuancer
Comment fonctionne la justice ? Comment construire son point de vue ? Comment discuter avec quelqu’un qui ne pense pas comme soi ?
Le parcours consacré à la citoyenneté invite les jeunes à explorer des questions de société, à mieux comprendre leur environnement et à confronter leurs idées à celles des autres. Le débat devient alors un espace d’apprentissage. Il ne s’agit pas simplement de défendre son opinion ou de convaincre à tout prix. Argumenter suppose aussi d’écouter, de poser des questions, de comprendre le raisonnement de l’autre et parfois de nuancer ou de faire évoluer son propre point de vue.
Les jeunes travaillent ainsi leur expression, leur capacité d’écoute, leur argumentation, leur esprit critique et leur prise de recul.
Bien-être : mieux connaître son propre fonctionnement
Comment reconnaître ses besoins ? Quelle place le sommeil occupe-t-il dans son équilibre ? Comment réagit-on face au stress ?
À travers différentes pratiques, comme la sophrologie, le travail autour du sommeil ou l’activité physique douce, les jeunes sont invités à porter leur attention sur leur propre fonctionnement.
Ils expérimentent des outils, observent leurs ressentis et prennent un temps pour réfléchir à leur rapport au corps, au repos, au stress ou plus largement à leur équilibre personnel.
Là encore, il ne s’agit pas d’apporter une réponse toute faite, mais de permettre à chacun de mieux identifier ses besoins et de découvrir différentes façons d’y être attentif.
Découvrir ce qui nous plaît… et ce qui ne nous plaît pas
Un parcours d’ouverture n’a pas forcément vocation à faire naître une nouvelle passion ou à déclencher une vocation. Et heureusement. Essayer peut permettre de se dire : « Je ne pensais pas que ça m’intéresserait autant. »
Mais l’expérience peut aussi aboutir à une autre conclusion : « Maintenant que j’ai essayé, je sais que ce n’est pas pour moi. »
Dans les deux cas, quelque chose a avancé.
En rencontrant des professionnels, en entrant dans de nouveaux environnements et en expérimentant des pratiques différentes, les Lumineux enrichissent progressivement leur connaissance du monde et d’eux-mêmes. Ils peuvent découvrir de nouveaux centres d’intérêt, faire évoluer certaines représentations, identifier ce qui les motive ou, au contraire, écarter certaines pistes.
Car construire son projet d’avenir, ce n’est pas avoir immédiatement toutes les réponses. C’est aussi multiplier les expériences qui permettent, peu à peu, de mieux comprendre ce qui nous correspond.
Pour commencer ? Avoir envie d’oser
Pas besoin de savoir dessiner, de se passionner pour les sciences, d’être à l’aise dans un débat ou de pratiquer la sophrologie pour participer à un parcours d’ouverture. C’est précisément parce que l’on ne connaît pas encore un univers qu’il peut être intéressant de l’explorer.
Aucune compétence particulière n’est requise pour se lancer : seule l’envie d’essayer compte.
Yohann RIVIERE
Référent pédagogique
Coordinateur Orientation